Comme membres de l'association italienne « Heureux les artisans de paix », avec « Chiama l'Africa » et autres groupes italiens, nous avons répondu en 2000 à un appel provénant des Sociétés civiles et des Eglises du Sud et Nord Kivu. Nous avons participé à l'organisation du SIPA (Symposium International pour la Paix en Afrique), qui aurait dû avoir lieu à Bukavu en février 2001. A la dernière minute, les Autorités civiles du temps ont nié l'autorisation. C'est pour ça que le SIPA s'est tenu à Butembo du 26 février au 1 mars 2001.
Pour la première fois, les habitants du Nord Kivu ont vu l'arrivée de 300 européens, dont la plupart étaient des italiens, venus simplement pour solidariser avec les femmes, les hommes, les enfants. Personne n'avait jamais vu un si grand nombre de « blancs » qui n'étaient ni colonisateurs, ni militaires, ni chefs de projets humanitaires - mais qui étaient venus en amitié, pour joindre leur voix à la voix des congolais qui aspirent à la paix.
Pendant les premières semaines du mois de juin 2006, lorsque une notre délégation s'est rendue dans les Provinces du Nord et Sud Kivu pour organiser la Mission des Observateurs Electoraux de la Société Civile Italienne, beaucoup de nos interlocuteurs nous ont confirmé que le SIPA de Butembo a été le premier pas du Dialogue Intercongolais. Les journées butembolaises ont démontré que le dialogue était possible, et que les femme et les hommes avaient le droit de faire entendre leur voix et d'exiger que les différentes factions armées trouvent un accord pour bâtir une République Démocratique du Congo unifiée, souveraine, démocratique et en paix.
Pendant les années de la Transition, de l'Europe, nous avons continué à suivre les développements en RDC, en faisant oeuvre de sensibilisation auprès de l'opinion publique chez nous et des institutions européennes. Maintenant que le peuple congolais se prepare pour le grand évènement des premières elections libres, démocratiques et transparentes depuis plus de 40 ans, nos amis des Sociétés Civiles et des Confessions réligieuses nous ont demandé encore une fois d'apporter notre contribution au procéssus electoral.
C'est donc avec joie que nous nous préparons à donner notre petite contribution à la construction de la paix dans la Région des Grands Lacs. Parce que nous sommes convaincus que l'établissement de vraies institutions démocratiques c'est le préalable pour une paix juste et durature. Même si les élections ne seront que le premier pas vers cette paix, c'est un pas fondamental.
Notre Mission, composée d'environ 65 personnes, dont 27 équipes d'Observateurs, se déployera dans les deux Provinces du Nord et Sud Kivu, parce que notre histoire et nos rapports de collaboration avec le peupe congolais naissent dans cette région. Et personne ne peut oublier que toutes les guerres ont commencés ici.
C'est une participation cordiale, la nôtre. Nous ne sommes pas là comme des inspecteurs colonials, mais pour souligner l'importance que la démocratie et la paix en RDC ont pour toute la Région, pour l'Afrique et pour le monde entier. Nous ne pouvons pas dire de vivre en paix jusqu'à ce que il y aura des sœurs et des frères, en n'importe quel lieu, qui ne peuvent pas jouir de ses propres droits à la paix. La paix est pour toute l'humanité ou elle n'est pas vraie paix !
Nous sommes tous des volontaires, c'est à dire des Observateurs bénévoles. Personne d'entre nous sera payé pour son travail. Tous avons même dû contribuer à couvrir nos propres frais de voyage et de logement. C'est un signale que les elections en RDC sont pour nous un moment de grande importance, et nous éspérons que ça transmettra, à vous les congolais aussi, le message de l'importance de l'échéance.
Nos Observateurs ont tous signé le Code de Conduite approuvé aux Nations Unies en octobre 2005. Un Code qui nous oblige à tenir en tout moment un comportement de neutralité et d'impartialité. Notre présence, nous éspérons, sera, pendant les journées electorales, un élément qui contribuera à la crédibilité du processus. Et, surtout aprés, les rapports des Observateurs augmenteront la crédibilité du résultat des urnes. Nous avons tous bien étudié la Loi Electorale et le Guide de l'Observateur rédigé par le Cadre de Concertation des Observateurs Nationaux.
Nous savons aussi que la présence de témoins internationaux, tels que nous sommes, pourra décourager d'éventuels épisodes d'irrégularités, de dérapages, d'intimidations. Notre présence pourra alors être aussi un encouragement au peuple à participer activement au processus démocratique.
Nous nous présentons aux Autorités, tant nationales qu'internationales, à la presse, aux organismes de Société Civile et aux Confessions réligieuses. Parce que nous avons besoin de l'acceuil et de la cordialité de tous. C'est notre façon de garantir la sécurité de nos Observateurs.
Nous sommes conscients du fait que la nôtre est une contribution petite, mais elle arrive de la part des mouvements et des associations engagés pour la paix et les droits humains en Italie. Nous avons aussi la limite des actions que nous pourrons faire, lié au Code de Conduite que nous nous sommes engagés à suivre. Une priére : ne demandez nous rien au-delà de l'observation et la vérification! La crédibilité de notre Mission en serait mise en cause. Acceptez, nous vous en prions, nos limites.
Après les élections, nous espérons que les femmes et les hommes de la République Démocratique du Congo pourront célébrer leur premier pas sur le chemin de la démocratie et de la paix en faisant une grande fête. Nous voulons partager votre fête.